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Comment lâcher la boulimie et remonter à la surface ?

Je suis boulimique, je n’ai plus de nom, c’est mon identité. Je ne suis pas normale? Peut-être. Je n’ai jamais voulu être normale. Je voulais être différente. Je voulais refuser tout ce qui venait de cette société pervertie. Mais j’ai échoué, prise au piège de la surconsommation, prisonnière, forcée à plier le genou. La boulimie m’a détruite, il ne reste plus qu’elle, je ne suis plus rien.

Si on m’enlève la boulimie, il ne restera plus rien. Au moins, quelques minutes par jour, j’ai la sensation de vivre. Puis tout s’effondre et disparaît dans les toilettes. Je suis seule, abandonnée, tout le monde a baissé les bras. II ne reste qu’elle pour m’accompagner. Boulimie, ça sonne comme une boule, cette boule dans le ventre, dans la gorge, sur le cœur. Je suis boule tout entière, en boule comme dans le ventre d’une mère.

La boulimie, un boulet pour la vie

Lorsque vous quittez votre maladie, vous devez vous construire de nouveaux repères… Et c’est toujours inquiétant, l’inconnu ! Vous partez à la découverte d’un continent que vous pensiez avoir perdu, mais il est là et vous attend. Pour l’explorer, il faudra vous délivrer de vos chaînes. Si la liberté vous effraie, faites-vous accompagner, laissez sortir vos mots, vos angoisses auprès de personnes qui sont là pour vous écouter. Vous verrez alors qu’il n’y a pas de crainte à avoir quand vous lâchez la boulimie et que la vie vaut bien la peine d’être vécue.

« Pendant longtemps, je n’ai senti ni la faim ni le froid et je me croyais forte. Je suivais des régimes et je n’avais pas faim. Tout le monde m’admirait. Mais je ne savais pas non plus m’arrêter de manger puisque je ne sentais pas la satiété. J’ai commencé à essayer de retrouver le gout des aliments en thérapie, à écouter mon corps. Étonnamment, les sensations faisaient naître des émotions. Les odeurs me rappelaient des souvenirs d’enfance, le gout me faisait ressentir du plaisir et les tensions du corps étaient désagréables. C’est comme partir en voyage dans un pays inconnu. C’est simple et magique à la fois. Je me réhabitue à ces sensations, que je ne veux plus laisser partir ».

« Mon psy me disait sans cesse : « Vous avez une mauvaise estime de vous-même ». Cette phrase restait abstraite pour moi, jusqu’au jour où je me suis regardée dans le miroir et où je me suis dit que j’étais fiers de moi parce que j’allais mieux, que j’avais un petit ami, que j’avais repris mes études et que je m’entendais bien avec ma famille. Je me suis dit : « Tu es devenue quelqu’un de bien ». C’est ça l’estime de soi. C’est s’aimer et sentir qu’on peut être aimé ».

De quelle manière contrôler la nourriture du moment où on est insatiable ?

Du moment où la réalité est devenue un enfer, il faudra se nourrir d’une autre façon afin de raréfier les crises de boulimie. Il faudraità peine manger, malgré cela il faut s’alimenter normalement. Et il faudra inclure les protéines et les féculents, en petites doses. Pour triompher de ce malheur, l’autocuiseur est un accessoire nécessaire pour fabriquer rapidement un manger sain et cohérent.

Apprendre à s’aimer !

II faut vous laisser surprendre par vos sens car ils vous apportent la vie. Pour oser vivre, vous verrez que vous aurez aussi besoin d’apprendre à vous aimer. Cela vous autorisera à vivre pour vous-même. Bien sûr, votre histoire vous a marqué et la nourriture venait combler les failles, les déchirures et même les abîmes. Mais l’amour, votre amour, peut aussi guérir les plaies. La boulimie n’est pas née d’un manque de volonté. Vous êtes souvent plein de bonne volonté et d’une volonté forte. C’est le désir qui a été étouffé en vous et, avec lui, la possibilité de prendre des décisions. Le désir, c’est la vie. il vous pousse à créer, à rester souple, à aller de l’avant. La prise de décision vous permet de vous affirmer, de devenir responsable et autonome, de choisir votre chemin. En écoutant votre désir profond et en prenant des décisions, vous sortirez de cette soumission, de la honte et de la culpabilité que vous traînez comme un boulet. Bien sûr, si c’est facile à dire, ce n’est pas facile à mettre en pratique. C’est en cela que votre thérapeute peut vous aider. En exprimant vos émotions, vous les maîtriserez mieux. Sinon, ce sont elles qui vont vous dominer. La capacité à avoir des sentiments constitue l’une des caractéristiques principales de chaque être humain, apprenez à les accueillir et vous verrez que c’est cela qui vous rend unique. Vous concilierez alors l’envie d’être « normal » tout en refusant d’être « banal » et l’envie d’être intégré tout en étant démarqué.

 

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